Ces Québécois qui prennent leur retraite avant 40 ans

À une époque où tout semble coûter de plus en plus cher, alors que les salaires ne suivent pas cette courbe d’augmentation, on peut facilement avoir le sentiment qu’il faudra toute une vie pour accumuler assez d’argent pour pouvoir prendre sa retraite. Plusieurs estiment que, s’ils ont de la chance, ils pourront peut-être commencer à travailler à temps partiel vers l’âge de 65 ans! Pourtant, un courant se dessine auprès de la jeune génération — celle d’économiser de façon agressive afin de prendre sa retraite le plus tôt possible. Le mouvement F.I.R.E., acronyme pour « Financial Independence, Retire Early » (traduction libre : indépendance financière, retraite anticipée) prend de l’ampleur non seulement aux États-Unis et au Canada anglais, mais aussi au Québec. Voici un tour d’horizon du concept.

Qu’est-ce que l’indépendance financière?

Alors qu’on associe souvent le mot « retraite » à l’âge d’or, l’expression « indépendance financière » est certainement une façon plus sexy pour parler du moment où on sera enfin libre de faire ce qu’on veut de notre temps. Pourquoi attendre d’avoir des cheveux gris (quand il nous reste encore des cheveux!) et très peu d’énergie pour profiter de la vie? Évidemment, pour atteindre l’objectif de l’indépendance financière vers 40 ans, il faut énormément de discipline, et surtout, modifier sa vision traditionnelle de ce que devrait être la retraite; le temps étant considéré comme plus précieux que l’argent.

Comment y parvenir?

Les adeptes du F.I.R.E. misent sur l’épargne et la réduction des dépenses pour être en mesure de vivre le reste de leurs jours sans avoir besoin de travailler. Évident en théorie, mais pas toujours simple à réaliser en pratique. Lorsqu’on parle de miser sur l’épargne, il faut idéalement commencer par maximiser ses revenus en trouvant l’emploi le plus payant possible maintenant afin de pouvoir investir la majeure partie de son argent et générer des revenus de placement. Et lorsqu’on parle de dépenser moins on fait référence au minimalisme le plus total, voire la simplicité volontaire, afin de pouvoir investir — au lieu de dépenser — son argent. Fait intéressant à souligner, bien qu’ils réduisent fortement leurs dépenses, la majorité des jeunes retraités ne se privent pas de voyages (en anglais seulement), étant donné que c’est un des objectifs de l’indépendance financière.

Pourquoi?

On pourrait se demander ce qui peut bien pousser quelqu’un à vouloir se priver à l’extrême aujourd’hui, en travaillant dans un poste potentiellement ennuyeux, seulement dans le but de gagner leur indépendance financière plus vite. D’après Travis Shakespeare, producteur du documentaire « Playing with FIRE », la jeune génération s’inquiète du futur et a l’impression que le filet social qui pourrait leur venir en aide est en train de s’effriter. De plus en plus de milléniaux ont l’impression de devoir prendre leur avenir financier en mains alors que la littéracie financière fait défaut à beaucoup de gens. Le mouvement F.I.R.E. se veut donc une prise de contrôle sur ses finances, sur son temps et sur sa vie en général.

Mais encore?

Prenons l’exemple de Jeremy et Winnie du site Web www.gocurrycracker.com. Durant les 10 dernières années vers l’atteinte de leur objectif, le couple travaillait et avait un revenu combiné de 135 000 $ par année. Ils économisaient 70 % de leur salaire. Depuis leur retraite, ils ont déménagé à Taiwan, où le coût de la vie est plus bas (bien que certains Canadiens y parviennent même en habitant des villes dispendieuses comme Vancouver). Ils ont eu un enfant au cours du processus et la famille voyage à travers le monde, notamment en maximisant leurs milles de récompenses. Ils dépensent environ 4000 $ par mois, soit 48 000 $ par année.

Pour le calcul concret, il faut penser accumuler 25 fois ses dépenses annuelles. Un couple ayant un budget annuel de 35 000 $ par an devrait donc accumuler 875 000 $ avant de prendre sa retraite.

Au Québec, côté investissement, Jean-Sébastien Pilotte, Montréalais ayant pris sa retraite dans la trentaine et auteur du blogue www.jeuneretraite.ca, oriente son portefeuille d’investissements vers du 100 % fonds négociés en bourse (FNB) qui permettent d’acheter une gamme de titres en une seule action. L’auteur du blogue retraite101.com, un autre Québécois, explique en détail combien épargner et comment se servir d'outils comme l’assurance vie. D’ailleurs, plusieurs blogueurs retraités partagent volontiers leurs conseils et sur la façon dont ils ont atteint leurs objectifs.

Bref, que vous souhaitiez vous lancer dans l’aventure de la retraite précoce ou non, gardez en tête que les outils de la retraite peuvent servir à plusieurs fins. Puisque, peu importe l’âge auquel vous cesserez de travailler, nous devrons tous, un jour, atteindre une certaine indépendance financière.



Julien Brault est une porte-parole payée de Sonnet.
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