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L’affaire risquée des risques financiers

Définir le risque est une affaire risquée. Pour commencer, il y a une incohérence entre l’industrie financière et les gens normaux. Les professionnels de l’investissement voient le risque en termes techniques, comme la déviation standard ou la volatilité des prix, tandis que le reste d’entre nous voient simplement la possibilité de perdre notre argent.  

Souvent, il y a un écart entre la perception et la réalité lorsqu’il est question de comprendre notre tolérance personnelle aux risques financiers. C’est parce que notre capacité en ce qui concerne le risque est influencée non seulement par notre position financière, mais également par ce qui importe peut-être davantage, soit notre constitution psychologique. Une personne peut avoir les moyens financiers d’assumer un risque, mais pas la stabilité émotive requise et une autre personne peut avoir un intérêt prononcé envers les risques, mais ne pas avoir la stabilité financière requise pour l’assumer. Souvent, lorsque les gens parlent d’avoir une « tolérance élevée au risque », ce qu’ils veulent vraiment dire c’est qu’ils ont une tolérance élevée aux énormes gains financiers. Leur optimisme est souvent mis à l’épreuve lors d’un ralentissement du marché financier.

Qu’est-ce qui contribue à nos préférences individuelles face au risque? Il s’agit d’un mélange de facteurs. Les chercheurs ont découvert une composante génétique. De plus, certains traits de personnalité, comme l’ouverture aux nouvelles expériences a tendance à faire en sorte que les gens prennent plus de risques*. Les premières expériences formatrices, comme avoir grandi lors de la grande dépression ou pendant la récession mondiale de 2008 ont façonné notre vision du risque financier. Nous formons nos croyances du monde entre 16 et de 25 ans. Une expérience très stressante lors de cette période a souvent des répercussions sur nos choix personnels et financiers* pour les décennies à venir.

Un nombre croissant d’études* ont identifié un autre élément clé dans notre intérêt envers le risque : l’environnement. Les personnes avec lesquelles nous vivons et travaillons, l’endroit où nous vivons et notre niveau de sociabilité peuvent prédire environ 25 pour cent de nos choix d’investissement — beaucoup plus que les facteurs normalement associés à la tolérance au risque comme les connaissances de finance, le genre, la profession, le revenu, la valeur nette et l’âge.

L'ensemble social

Les scientifiques l’appellent la « contagion émotionnelle* ». Plus couramment appelé le « bouche-à-oreille », il s’agit d’un déterminant puissant de la façon dont nous prenons des décisions. Plus nos liens à la communauté sont forts et plus nous sommes des êtres sociaux, plus son effet sur nous sera puissant. Une étude de 2014* a révélé que les gens vivant dans un même ménage étaient 2,5 fois plus susceptibles d'avoir les mêmes investissements que la population générale. Les collègues étaient 1,4 fois plus susceptibles de faire de même.

Les chercheurs ont découvert que les personnes ayant le même code postal partageaient également des choix d’investissement semblables et les investisseurs étaient plus susceptibles d’acheter des actions dans une industrie en particulier si d’autres personnes vivant dans un rayon de 50 miles (80 kilomètres) en avaient acheté. Et, lorsqu’un membre d’un ménage ou un collègue changeait de fonds d’investissement, les autres avaient plus tendance à faire de même. L’effervescence du rendement élevé d’un investissement en particulier est comme un aimant qui attire les investisseurs professionnels et amateurs, car les deux groupes ont plus tendance à acheter des actions après en avoir parlé avec un ami.

L’emplacement fait toute la différence

Il n’est pas étonnant que les gens qui vivent dans des pays avec un niveau élevé de liens sociaux et de stabilité publique comme la Suisse et les pays scandinaves optent pour des investissements à long terme par rapport à ceux qui vivent dans des régions plus volatiles politiquement comme la Russie, la Roumanie et la Grèce, qui sont plus portés vers les actifs spéculatifs* associés au potentiel de rendement rapide.

Une étude américaine de 2018* qui examinait les tendances boursières de près de 500 000 personnes a révélé que les investisseurs à New York et au Nebraska étaient disposés à prendre plus de risques financiers que ceux qui vivaient au New Jersey, en Floride, au Nouveau-Mexique, en Arkansas et en Virginie-Occidentale, qui avaient un intérêt plus faible face au risque.

En contexte

Que nous considérions ou non un événement comme risqué dépend dans une certaine mesure de son contexte et de son ampleur. Par exemple, la plupart des gens accepteraient de perdre 50 sous en jouant un dollar, mais réagiraient négativement en perdant 50 000 $ sur un investissement de 100 000 $ même si les deux cas représentent une perte de 50 pour cent. Après une chute abrupte du marché, même le potentiel de subir une petite perte peut générer du stress et un évitement accru du risque en raison du contexte négatif, alors qu’une petite baisse lors d’un marché en hausse rapide est habituellement tenue pour acquis.

Cher journal

Une façon de mieux comprendre nos préférences réelles en matière de risque est de tenir un journal de nos décisions d’achat et de vente ainsi que leurs raisons et nos réactions au changement des conditions du marché. Les humains sont des créatures sociales et nous sommes influencés par nos pairs, notre famille et nos voisins, sans mentionner la quantité quotidienne de contenu financier et social à laquelle nous sommes exposés. En ayant une meilleure compréhension de nos décisions antérieures et de leurs résultats, nous aurons moins tendance à être influencés inconsciemment par notre environnement.

 

*Liens en anglais seulement.

Rita Silvan, CIM, est auteure et rédactrice en finances personnelles et investissements. Elle est l’ancienne rédactrice en chef du magazine Elle Canada, une journaliste primée et une personnalité de la télé et des médias. Rita est rédactrice en chef de Golden Girl Finance (en anglais seulement), un magazine en ligne qui porte sur la réussite financière des femmes. Lorsqu'elle ne rédige pas de textes sur les finances, Rita explore les parcs de Toronto avec son caniche royal.

Rita Silvan est une porte-parole payée de Sonnet.
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