Actions ou obligations?

Le nom Jakob Fugger ne vous dit probablement rien. Fugger, aussi connu sous le nom de « Jakob le riche », était l’homme le plus riche du 15e siècle, plus riche encore que les milliardaires d’aujourd’hui comme Bill Gates et Jeff Bezos. Un des piliers de la richesse de Fugger était son idée de diviser ses actifs en quatre parties égales : actions, obligations, immobilier et pièces d’or.1

L’investissement n’a pas changé tant que ça. Les investisseurs doivent encore choisir une composition d’actifs la plus optimale possible. Il s’agit de trouver le point idéal entre le risque et le rendement, habituellement choisir entre les actions et les obligations.2

Voici un aperçu des actions et des obligations:3

  • Les obligations sont une forme de dette comme une promesse faite par une entreprise ou un gouvernement de payer de l’intérêt régulièrement et, lorsque détenues jusqu’à leur échéance, de retourner le capital d’origine. (Si l’obligation est vendue avant sa maturité, il peut y avoir un gain ou une perte en capital selon le prix du marché de l’obligation à la vente). Les obligations gouvernementales de grande qualité sont sécuritaires, donc le rendement a tendance à être faible.
  • Les actions sont une part dans une entreprise. Elles offrent un rendement sous forme de dividende ainsi que des gains en capital. En théorie, le prix d’une action peut augmenter de façon exponentielle. Mais il peut aussi baisser à zéro. Les actions ont un meilleur rendement que les obligations à court terme, mais il n’y a pas de garantie.

La pensée traditionnelle veut qu’un portefeuille équilibré, un mélange d’actions et d’obligations, comporte des éléments de sécurité (obligations) et de croissance (actions). Comme l’a fait Jakob Fugger, en vieillissant, nous avons tendance à mettre nos actifs dans des obligations sécuritaires de haute qualité.

En ce qui concerne le montant à investir dans les obligations et les actions, la règle d’or est de soustraire votre âge de 100 pour calculer le maximum à investir dans les actions (si vous avez 50 ans, 50 pour cent devraient être investis dans les actions et le reste dans les obligations.)4

Certains experts financiers ont contesté cette règle, en soutenant qu’une longévité accrue signifie des retraites plus longues. Les coussins ont tendance à durer plus longtemps également, ce qui devrait pencher la composition de l’actif vers la croissance accrue.5

D’autres prétendent que notre disposition psychologique devrait être un facteur déterminant. Le rendement des obligations du Trésor est faible, mais ces dernières ne présentent presque aucun risque, ce qui permet aux investisseurs nerveux de dormir sur leurs deux oreilles. Toutefois, le risque dissimulé est que, si le rendement passe sous le taux d’inflation, le pouvoir d’achat du retraité diminue avec le temps.

Que faire? Heureusement, il y a une nouvelle approche holistique à la répartition des actifs qui prend en considération un facteur important: le capital humain.

Le capital humain est notre capacité de gagner de l’argent selon nos connaissances, nos compétences, notre talent et notre expérience. Une personne plus jeune a un parcours de gains beaucoup plus long qu’une personne mature. Mais la façon dont nous réalisons ces gains est également importante.6,7

Les gains de certaines personnes sont comme des obligations. Leurs salaires ne sont pas exorbitants, mais ils ont une sécurité d’emploi et peuvent s’attendre à de petites augmentations annuelles constantes. Même lors d’un ralentissement du marché, le risque de perte d’emploi est très faible. Il peut s’agir d’un employé du gouvernement ou d’un professeur universitaire permanent.

En revanche, les gens qui travaillent dans le secteur privé ou qui sont travailleurs autonomes ou à contrat ont souvent un revenu variable qui n’est pas aussi sécurisé. Les cycles du marché ou même l’humeur de leur patron ou de leurs clients peuvent mettre leur emploi en danger. Leurs gains ressemblent plus à des actions.

Un employé fédéral chevronné ou un conseiller à son compte devraient-ils avoir une composition d’actifs identique à leur profil d’emploi? Les spécialistes de finance diraient que non. Ceux dont le revenu ressemble à des obligations peuvent se permettre de prendre davantage de risques (comme des actions), tandis que ceux avec un revenu plus précaire devraient compenser (couvrir) leur emploi avec des obligations. L’approche holistique doit inclure l’ensemble de la famille. Si les deux partenaires sont des professeurs universitaires permanents, par exemple, ils pourraient se permettre de faire des investissements plus risqués que s’ils étaient tous deux acrobates dans un cirque.

Malheureusement, les études démontrent que plusieurs familles ne couvrent pas leurs investissements en diversifiant leur risque. Une étude du Massachusetts Institute of Technology a démontré qu’une grande partie de fonds de retraite d’une entreprise était investie dans les propres actions de l’entreprise!6 Et peut-être en raison du caractère familier, les gens ont tendance à doubler la mise en ce qui concerne les actions de la compagnie pour laquelle ils travaillent par l’entremise des régimes d’actionnariat des employés et d’achat direct. Si la compagnie éprouve des difficultés, les employés pourraient perdre non seulement leur emploi, mais également la valeur de leur investissement.

N’oubliez pas qu’un portefeuille équilibré n’est pas toujours 60/40 ou 50/50. En incluant votre capital humain dans le calcul, vous pourriez trouver que, dans votre cas, la situation change complètement.

Rita Silvan, CIM™, est auteure et rédactrice en finances personnelles et investissements. Elle est l’ancienne rédactrice en chef du magazine Elle Canada, une journaliste primée et une personnalité de la télé et des médias. Rita est rédactrice en chef de Golden Girl Finance (en anglais seulement), un magazine en ligne qui porte sur la réussite financière des femmes. Lorsqu’elle ne rédige pas de textes sur les finances, Rita explore les parcs de Toronto avec son caniche royal.

Rita Silvan est une porte-parole payée de Sonnet.



Notes de bas de page (en anglais seulement):
1. https://en.wikipedia.org/wiki/Jakob_Fugger
2. https://www6.royalbank.com/en/di/hubs/ideas-and-motivation/article/takeaways-from-a-500-year-old-investing-style/joxhczbn
3. https://www.investopedia.com/terms/b/balancedinvestmentstrategy.asp
4. https://www.moneysense.ca/save/investing/bonds/the-new-rules-of-bond-investing/
5. https://www.theglobeandmail.com/globe-investor/investor-education/why-the-age-rule-of-thumb-shouldnt-be-carved-in-stone/article623643/
6. https://www.economist.com/finance-and-economics/2018/08/23/are-you-a-stock-or-a-bond
7. https://www.cnbc.com/2014/03/28/are-you-a-stock-or-a-bond-in-terms-of-human-capital.html
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