Comment nous gaspillons notre argent

Le ménage canadien moyen est endetté de 71 300 $ ou de 1  907 billions de dollars sur le plan national, selon Equifax1. Bien que ce montant tienne compte des prêts hypothécaires, nous avons pris la mauvaise habitude de financer notre mode de vie à l’aide des cartes de crédit.

Le magasinage en ligne avec le « paiement en un clic » rend les dépenses impulsives plus faciles. Selon une étude de 2018 par Environics Analytics2, les Canadiens ont dépensé plus de 41 milliards de dollars en ligne sur des vêtements, des bijoux, des appareils électroniques, des jouets pour enfants et du divertissement, soit les principales catégories. Les dépenses d’épicerie et de produits de santé et de beauté totalisent respectivement 6,4 milliards de dollars et 6 milliards de dollars.

Magasinage avec facultés affaiblies

Il est impossible de s’en sauver : nous devons tous magasiner. Cependant, le magasinage devrait avoir une étiquette de mise en garde. Nous faisons des achats non planifiés pour différentes raisons : une mauvaise journée au travail, un sentiment de tristesse ou de solitude, après une dispute avec notre partenaire, la fatigue ou le stress, l'envie par rapport aux autres et plus encore. C’est pourquoi ça s’appelle le magasinage thérapeutique!

Et ça fonctionne, temporairement. Se payer une gâterie nous apporte immédiatement du réconfort, mais cela ne règle pas les problèmes sous-jacents. Une étude3 a démontré que lorsque les gens visionnent une vidéo triste, ils sont prêts à dépenser quatre fois plus pour un article qu’un groupe contrôlé qui visionnait plutôt une vidéo de la nature.

Le magasinage lorsque nous sommes fatigués ou affamés nous rend plus susceptibles de trop dépenser parce que nous souffrons d’un « épuisement d’ego4 ». Lorsque nous avons utilisé toute notre volonté dans une tâche difficile, comme les déplacements dans le trafic ou les interactions avec un collègue difficile, nous avons moins de maîtrise de nous-mêmes pour repousser la gratification. Nous avons plus tendance à trop dépenser pour nous remonter le moral. Selon un sondage canadien en 20175, la manière indulgente la plus populaire de se gâter est de souper au restaurant ou de commander pour emporter, suivi du magasinage en ligne, de l’achat de vêtements et des services de beauté.

Parlant de volonté, une tendance en croissance est le magasinage après avoir consommé de l’alcool. Des études américaines6 ont découvert que les consommateurs ont dépensé plus de 30 millions de dollars en 2018 après avoir consommé de l’alcool; par rapport aux femmes, les hommes ont dépensé deux fois plus. Le magasinage en ligne sans tracas fait qu’il est aussi facile d’accumuler des factures que de siroter un Pinot Grigio après une longue journée.

Argent intelligent

Les humeurs sont changeantes et nous ne pouvons pas toujours gérer les circonstances, donc il nous faut une stratégie pour gérer les situations désagréables. Voici quelques conseils éprouvés : 

·       Faites en sorte qu’il soit plus difficile d’acheter en désactivant les applications de magasinage de votre téléphone et de votre ordinateur, en supprimant les renseignements de votre carte de crédit des sites de magasinage en ligne et en vous désabonnant des listes d’envoi électroniques. Toute personne ayant un ordinateur ou un téléphone est inondée d’offres contextuelles visant à vous faire profiter d’offres « pour une durée limitée » et des codes de coupon. Cherchez des applications qui mettent votre panier d’achats en ligne en suspens pendant 30 jours.

·       Si vous devez magasiner, confirmez la politique de retour du détaillant afin de vous faire rembourser rapidement si vous changez d’idée.

·       Désignez un compte-chèques pour le magasinage thérapeutique seulement. De cette manière, vous pouvez magasiner frénétiquement, sans vous endetter. 

·       Portez attention aux déclencheurs environnementaux ou émotionnels qui vous ont poussé à faire des achats que vous avez regrettés par le passé. L’histoire n’a pas à se répéter.

·       Prenez conscience des astuces des détaillants. Les offres groupées sont des tactiques populaires. Avez-vous vraiment besoin de tous ces extras? Faites d’abord vos calculs. Les codes de rabais et les rappels de vente arrivent souvent dans vos téléphones avant les fêtes et la fin de semaine.

·       Mettez-y un prix. Examinez vos relevés de cartes de crédit et de comptes bancaires, soulignez les achats compulsifs que vous avez faits et calculez combien ceux-ci vous ont coûté. En valaient-ils la peine? 

·       Choisissez les sous-marques. Les grandes marques coûtent souvent plus cher que les marques génériques et, habituellement, il n’y a pas de différence évidente dans la qualité.

Kelley Keehn7, éducatrice financière canadienne, recommande d’essayer « l’anti-budget » pendant 30 jours. Sans apporter de changements immédiats à vos dépenses, notez simplement où va votre argent. Elle recommande de faire cette vérification deux fois par année selon ces catégories générales : soupers au restaurant, épicerie, transports, hébergement, divertissement, alcool et cadeaux.

De plus, soyez à l’affût des autres formes de « fuites d’argent » :

Renouvellements automatiques : Qu’il s’agisse d’abonnements à des magazines, le câble, les jeux vidéo, le centre de conditionnement physique ou les autres services, réglez vos préférences de renouvellement afin de le faire manuellement. Cette technique vous donne l’occasion de réfléchir à votre achat ou de négocier de meilleures modalités avec le fournisseur.

Loterie : Selon Statista8, les Canadiens dépensent plus de 10 milliards de dollars en billets de loterie en 2016. Ces petits achats compulsifs s’accumulent rapidement. Si vous tenez à participer, déterminez un budget mensuel et respectez-le.

Trop : Posséder plus que ce dont nous avons besoin est un gouffre financier. Par exemple, plus vous avez de cartes de crédit, plus vous aurez tendance à trop dépenser, à encourir des frais annuels ou de frais de retard. Gardez une seule carte de crédit et débarrassez-vous des autres. Même principe avec la propriété d’une maison : plus la maison est grande, plus vous dépenserez en décoration, en réparations, en nettoyage, etc.

Connaissez-vous : La plupart des gens sont optimistes. Bien sûr, ils iront au centre de conditionnement physique et construiront des choses dans l’atelier du sous-sol! Soyez honnête envers vous-même sur la façon dont vous passez réellement votre temps — et dépensez votre argent par conséquent.

Faites preuve de générosité jusqu’à un certain point : Créez un budget pour les cadeaux ou pour aider les membres de votre famille. Exercez-vous à dire « non » si une demande peut mettre de la tension sur votre budget et placer votre bien-être financier à long terme à risque.

Rita Silvan, CIM, est auteure et rédactrice en finances personnelles et investissements. Elle est l’ancienne rédactrice en chef du magazine Elle Canada, une journaliste primée et une personnalité de la télé et des médias. Rita est rédactrice en chef de Golden Girl Finance (en anglais seulement), un magazine en ligne qui porte sur la réussite financière des femmes. Lorsqu'elle ne rédige pas de textes sur les finances, Rita explore les parcs de Toronto avec son caniche royal.

Rita Silvan est une porte-parole payée de Sonnet. 
Assurez-vous d’avoir la bonne assurance habitation et auto qui convient à vos besoins. 1 2 3 4 5 6 7 8